Église Sainte-Agathe
En arrivant dans le centre du village d’Hermelinghen, le visiteur sera peut-être surpris d’apercevoir une stelle commémorative très originale, faite d’une grosse pierre des carrières sur laquelle on a minutieusement scellé un … vélo tout terrain !
Elle a été placée là pour rappeler que la commune est devenue récemment une capitale départementale dans la pratique de ce sport.
Mais l’histoire de cette localité de 400 habitants commença il y a bien plus longtemps et les épisodes les plus importants nous font remonter au XIIème siècle.
C’est en effet à cette époque qu’apparaît pour la première fois le nom des seigneurs du village : en 1136, un certain Baudouin d’Ermelinghen apposa sa signature au bas d’une charte pour l’abbaye d’Andres.
Toujours dans le haut Moyen-Age, Arnoul d’Ermelingahem assista à une inhumation dans l’église du monastère de Hames.
En 1180, un autre Baudouin reçut le titre de connétable d’Ermelinghem.
Depuis, toute une lignée de seigneurs habita le chateau du village, qui était situé au lieu-dit le « Punch du Cattez » et dont il ne reste aujourd’hui que quelques carreaux de pavement, conservés au musée de Guînes.
C’est également au XIIème, plus exactement en 1138, que Milon 1er, évêque de Thérouanne, fonda l’autel d’Hermelinghen, qui devint l’annexe de l’autel d’Hardinghen.
L’église actuelle, que l’on découvre sur la place du village, est dédiée à sainte-Agathe, vierge martyrisée à Catane vers 250. Elle a été construite au XVIIIème siècle, sauf les bras du transept rajoutés un siècle plus tard, en 1860.
La nef et le chœur sont en pierres blanches, petites, bien appareillées. Le soubassement est en pierre rousse et en silex.
La cloche de 1728, qui avait été cachée dans les champs sous la Révolution, n’a jamais été retrouvée. La cloche actuelle a été refondue et réinstallée en 1935.
On pénètre dans l’église Sainte-Agathe par une petite porte latérale. On remarque alors que le sol est très ancien. Il est constitué en belles pierres rouge foncé.
Les vitraux datent du XIXème siècle. Ils sont l’œuvre de Monsieur Largiller, maître-verrier à Lille.
Ceux du chœur sont figurés. Ils représentent, de gauche à droite, l’Annonciation, saint Jean-Baptiste, sainte-Agathe et une scène de la Nativité.
Le mobilier qui orne l’édifice est de caractères différents. Les stalles et les boiseries sont de style néogothique.
Les prie-Dieu des stalles sont à décor flamboyant.
Le maître-autel, les retables et autels latéraux constituent un ensemble néoclassique. Ils ont été réalisés au XIXème siècle dans le style restauration qui prévalait lors de la réouverture du culte.
Il faut enfin noter, dans l’église, deux inscriptions tumulaires. Sur le sol, au milieu de la nef, une dalle de stinkal indique la sépulture de Marie-Barbe Bernet décédé en 1711 à l’âge de 99ans.
Sur le mur nord de la nef, une petite épitaphe de stinkal rappelle la mémoire de Jean Butor, ancien chapelain de Beaulieu, décédé en 1736. On remarque alors le bel éloge fait en son honneur :
« …Favory de la justice, ennemy des proces, amis des grands et chery du peuple… »
Au début du siècle, dans son épigraphie, Monsieur Rodières décrivait l’existence d’une autre inscription sur le mur sud de l’église.
Ella rappelait la mémoire de Ian Sergeant, décédé en 1636 à l’âge de 32 ans. Cette plaque a aujourd’hui disparu.
Un petit tour dans le cimetière avant de partir. On remarque la tombe de Dominique Crendal, ancien desservant d’Hermelinghen, décédé le 30 mai 1851. On peut avoir également un monument érigé par J-P. Martin du Mât, en mémoire à sa femme décédée en 1835. Il y sera enterré à son tour en 1847.
D’après : « Trois-Pays, 17 clochers » édité par la Communauté de Communes Pays d’Opale.