Église Saint-Martin
Pour aborder l’église de Sanghen en venant du bourg de Licques, il est idéal de prendre un petit chemin situé tout en bas de la rue Armand Leroy, et qui précise « Sanghen par l’église ».
Par cette route qui sinue en pleine campagne, bordée au nord-ouest par les contreforts des collines guînoises, l’approche champêtre de l’église Saint-Martin est particulièrement agréable. Parvenu dans l’enclos de l’église, le cadre qui s’offre au visiteur est remarquable.
Au plan historique, il est fait mention de l’église de Sanghen en 1073. L’évêque Dragon de Thérouanne en aurait emprunté l’autel pour le donner à Godefroi de Boulogne.
Le chœur carré et voûté de l’église de Sanghen est daté du XVème ou du XVIème siècle.
La grosse tour centrale, bâtie en pierres blanches, semble être de la même période bien qu’elle apparaisse comme l’élément le plus ancien, hormis l’étage bien sûr qui fut restauré plus récemment ( au XIXème siècle certainement ).
La nef voûtée en bois, de facture moins ancienne, est construite sans contreforts. Par contre, les contreforts existent sur le chevet et sont posés en diagonale, sur les angles.
Les fenêtres du chœur possèdent des colonnettes sur leurs pieds-droits mais les fenêtres de la tour sont d’une époque plus moderne. L’ensemble a été restauré au XVIIIème siècle.
Si l’église de Sanghen est petite dans ses dimensions, ses richesses n’en sont que plus grandes. La cloche tout d’abord. C’est une des plus anciennes et des plus belles de toute la région et, de surcroît, elle possède un son magnifique.
Elle a été fondue en 1478 par François de Montfort. On peut y lire l’inscription en lettres gothiques : » Je suis nommée Marie, au nom de la vierge Marie, Z fumes faites l’an de grâce Mill cccc iiii xx z vii ».
L’épigraphe du Pas-de-Calais, nous apprend que figure également une grande croix d’ornement posée sur trois gradins et qu’elle est signée de son concepteur : » Me fist François de Mofort ».
Sur la charpente de la cloche, une date est gravée : 1694.
À l’intérieur, les trois retables de l’églises attirent l’attention. Ils sont datés des XVIIème et XVIIIème siècles. Mais indéniablement le retable du maître-autel ou « autel de Saint-Martin » mérite qu’on s’y attarde.
Il est orné de plusieurs statuettes, un saint évêque, un saint pape et les quatre évangélistes, d’un petit tableau du XVIIIème , placé sur le fronton et qui représente la Nativité et d’une peinture sur toile du XIXème siècle où l’on retrouve Saint-Martin à cheval, partageant son manteau avec un pauvre.
La beauté de l’ensemble s’apprécie en même temps que l’on découvre le chœur voûté de l’église.
Peu d’épitaphes anciennes à découvrir dans le cimetière, mais par contre il est toujours possible de prénom, une date, autant d’anciens graffitis laissés par les familles les plus pauvres qui ne pouvaient se payer le luxe d’acquérir une tombe et une pierre gravée. En agissant ainsi, ils laissaient une trace de leur passage sur terre et rappelaient leur appartenance à la paroisse. Ce phénomène est véritable sur les murs de nombreuses églises du Pays d’Opale.
D’après : « Trois-Pays, 17 clochers » édité par la Communauté de Communes Pays d’Opale.