L’église Saint-Lambert
Au détour d’une route de campagne qui court entre les collines et porte le joli nom de route Belle, apparaît l’église de Boursin.
La paroisse de Boursin était déjà citée au XIIème siècle dans une charte de l’abbaye d’Andres qui y possédait des terres.
C’est dans l’ancienne église aménagée en « fort » qu’aux XVIème siècle on enterrait les seigneurs du village, en guise de fort on pourrait évoquer plus volontiers des barricades élevées autour de l’édifice pour protéger personnes et biens.
Lors de sa reconstruction en 1850, on a d’ailleurs découvert, sous le chœur, un caveau qui renfermait un cercueil de plomb. Celui-ci portait l’inscription suivante : » Ici repose Messire Charles de Wavrans, Seigneur de Boursin, décédé le 16 mars 1710. »
Les Wavrans possédèrent, après la famille du Tertre, veille famille boulonnaise, la seigneurie de Boursin. Aux XVIIIème siècle, ils s’étaient titrés Marquis.
Notons que, si le seigneur de Wavrans, dont nous avons découvert le caveau, était catholique, un de ses ancêtres, qui était catholique un de ses ancêtres, qui était huguenot, n’en fut pas moins enterré dans l’église.
C’est une des rares exceptions à la loi qui interdisait d’enterrer les protestants en terre catholique.
L’église actuelle est dédiée à saint-Lambert, évêque de Maastricht, assassiné à Liège en 705. Lambert fit un jour des reproches à Pépin d’Héristal au sujet de sa concubine ; le frère de cette dernière, voulant venger l’outrage fait à sa sœur, assassina l’évêque.
L’église Saint-Lambert possède une cloche qui a été baptisée en 1779. Elle provient de l’église Saint-Michel d’Etaples.
Au-dessus du portail, une fresque en carreaux de faïence représente saint-Lambert réconfortant un pauvre. Sur ce dessin, il est entouré d’un paysan, symbole de la ruralité du lieu, tandis que l’église rappelle qu’il est le saint patron de la paroisse. Cet ensemble a été réalisé en 1950 pour fêter le centenaire de l’église.
Dans le petit cimetière, un enclos funéraire attire l’attention, ne serait-ce que par le nom de la famille : les « Bras de fer de l’Etang ». Il s’agit d’anciens seigneurs d’Hermelinghen dont on trouvait déjà la trace en 838.
On remarque également, face au portail de l’église, une belle petite croix au bras fleur-de-lysés indiquant la sépulture du sieur Dhoier décédé en 1688.
Sur le dos de la croix, sous le monogramme IHS, ont été gravés une tête de mort avec des os en sautoir ainsi qu’un cœur avec trois clous.
Enfin, derrière l’église, sur le chevet, une croix de 1705 rappelle la mémoire de François Billoray, bailli de Colembert.
Dans l’épigraphie du Pas-de-Calais, Monsieur Rodières indiquait que cette croix était montée sur un socle en haut de six marches. C’est vraisemblablement par souci de conservation que celle-ci fut scellée sur le chevet.
Face à elle, le calvaire du cimetière a été restauré en 1998.
Au moment d’entrer dans l’église, le visiteur marchera sur des pierres tombales. Il s’agit de cinq grandes dalles de stinkal provenant de l’ancien édifice et dont il ne reste malheureusement plus rien des épitaphes effacés au passage des fidèles. Monsieur Rodières les décrit comme étant celles d’anciens curés dans la paroisse.
À part le petit autel dédié aux morts de la Grande Guerre qui se dresse près de la porte d’entrée, vous trouverez une ressemblance certaine entre l’église Saint-Lambert et l’église Saint-Riquier d’Herbinghen.
C’est en effet le même artisan, Monsieur Courquin, menuisier au Wast, qui réalisé quasiment à l’identique le mobilier de ces deux églises. Deux exemples du grand talent de cet artisan rural.
L’ensemble est de style néogothique. Le confessionnal, dont la porte est surmontée des clés de Saint-Pierre, la chaire ornée des figures d’évangélistes, puis les autels et retables, et enfin le chemin de croix et les boiseries, ont successivement intégré l’église entre 1858 et 1868.
Deux statues attirent également l’attention. Sur l’autel latéral gauche, saint-Lambert est représenté avec un poignard enfoncé dans le cœur, symbolisant son assassinat. Plus bas, en redescendant vers le portail, c’est saint-Hubert, patron des chasseurs, que l’on découvre.
Il s’avère qu’il est également le successeur de Lambert à l’évêché de Maastricht, ce qui peut expliquer sa présence aux côtés du Saint patron de la paroisse.
D’après : « Trois-Pays, 17 clochers » édité par la Communauté de Communes Pays d’Opale.