Église Saint-Riquier
Parvenu dans le cœur du village d’Herbinghen, vous trouverez à vous garer sur la petite place, fort bien aménagée, à deux pas de l’église.
Vous vous dirigerez alors vers l’enceinte paroissiale mais, avant d’y pénétrer regardez l’ancien manoir situé à gauche. Il s’agit de l’antique domaine d’Antoine de Lumbres (1598-1676), seigneur d’Herbinghen et ambassadeur de France de Brandebourg, en Prusse et en Pologne.
L’église actuelle d’Herbinghen a été construite dans les années 1859-1860. On doit son style ogival (XIIIème siècle) à Monsieur Leroy, architecte à Lille.
Elle remplace une église plus petite du XVIème siècle qui tombait en ruine au milieu du XIXème siècle après avoir été utilisée pour la fabrication du salpêtre durant la Révolution.
Cette ancienne église fut desservie par les moines de l’abbaye de Licques jusqu’en 1790. La reconstruction de l’édifice fut organisée par l’abbé Lecointe qui souscrivit lui-même une somme de 10000 francs pour les travaux, le reste étant pourvu par l’État et la paroisse d’Herbinghen.
L’église est dédiée à saint-Riquier, moine de Picardie qui évangélisa une partie de la région au VIIème siècle. Le patron auxiliaire est saint-Erasme.
Dans l’enclos de l’église, le monument aux morts fut certainement l’un des premiers à être édifié dès 1916 et grâce à la générosité d’un citoyen qui acquitta la moitié de la dépense. Remarquez l’inscription : « Guerre 1914-15-16-17-18 ».
Face à l’entrée principale s’élève la grotte Notre-Dame-de-Lourdes, édifiée en 1891 par les paroissiens, et selon les vœux de l’abbé Tétard, curé de la paroisse de 1877 à 1936. L’abbé Tétard est inhumé dans la grotte.
Sur le côté droit de l’église, on peut voir la tombe de l’abbé J.-B. Célestin Dautriau, premier curé séculier d’Herbinghen de 1792 à 1856. Ces deux prêtres totalisent à eux 123 années de sacerdoce à Herbinghen. Ils en ont profondément marqué la vie paroissiale.
A l’intérieur de l’église saint-Riquier, deux bénitiers proviennent de l’ancien édifice. Le premier, formé d’un bloc de calcaire oolithique de Marquise, est taillé en forme de colonne et se trouve sous le clocher.
Le second est fait de marbre ; il est encastré dans le mur, à droite, en entrant dans la nef. Il porte le nom de son donateur « F. Norbert Frouart-1662 », ancien curé de la paroisse.
L’ensemble du mobilier de l’église est digne d’intérêt. De style néogothique, les autels et le confessionnal sont l’œuvre d’un menuisier domicilié à le Wast, Monsieur Courquin. Les familles nobles de la région en ont assuré le financement au XIXème siècle.
La communauté de communes des Trois-Pays a permis le financement et la restauration des pinacles en juillet 1999. Quant au menuisier Courquin, il a réussi, avec un talent égal, la fabrication des meubles de l’église de Boursin.
Les vitraux de 1897 représentent :
– à gauche, dans la nef, saint-Catherine d’Alexandrie, sainte-Marie-Madeleine et sainte-Philomène ;
– dans le transept de gauche, la Vierge ;
– dans le chœur, sainte Claire d’Assises, la mort de saint-Tarcisius, la descente de la croix, le miracle de l’âne de saint-Antoine de Padoue et saint-Jean l’évangéliste ;
– dans le transept de droite, saint-Erasme, à droite de son autel où vous remarquerez le reliquaire du saint ;
– à droite, dans la nef, saint-Nicolas, saint-François d’Assise et saint-Riquier.
Sur l’autel principal, on trouve, à gauche, saint-Roch et son chien et à droite saint-Riquier.
La chapelle de saint-Erasme mérite quelque attention. La statue du saint homme, en bois sculpté vernis, date du XVIIème siècle et le reliquaire est, quant à lui, fort surprenant dans sa forme.
La représentation d’un avant-bras tient au fait que celui-ci renfermaient un fragment d’os de saint-Erasme, provenant de cette partie du corps. Il aurait été rapporté de l’église de Gaète, en Italie.
La cloche s’appelle Marie-Louise et date de 1816. Elle a eu pour parrain Louis-Charles, comte de Sainte-Aldegonde, lieutenant des gardes de Louis XVIII, marquis de Colembert, et pour marraine Joséphine Madeleine de Source de Tourzel, comtesse de sainte-Aldegonde, fille de Madame de Tourzel, dernière gouvernante des enfants de Louis XVI et de Marie-Antoinette.
D’après : « Trois-Pays, 17 clochers » édité par la Communauté de Communes Pays d’Opale.