Église Sainte-Marguerite
C’est par le nom de son seigneur, Hugues d’Hervadingahem, que le village d’Hardinghen apparaît dans l’histoire. La paroisse fut fondée en 1138 par Milon 1er, évêque de Thérouanne.
Depuis, l’église a toujours été dédiée à sainte-Marguerite. Seul l’emplacement changera : l’église originelle était située au lieu-dit « le fonds bénit » avant que la famille de la Follye fasse don du terrain sur lequel ont déjà été rebâties plusieurs églises dont l’édifice actuel.
Deux des plus grandes familles d’Hardinghen étaient inhumées dans l’ancienne église.
Dans le chœur reposaient les membres de la famille de la Follye ( nom que nous retrouvons dans plusieurs villages du Pays d’Opale ) et, dans une chapelle spécialement conçue en l’honneur de la Sainte-Vierge ( sur l’emplacement de l’actuelle chapelle de Saint-Joseph ) était enterrée la famille du vicomte Désansrouins.
C’est à cette famille que l’ont doit la fondation dans le village d’une des plus grandes verreries d’Europe au XIXème siècle.
Comme elle devenait trop vétuste; l’église Sainte-Marguerite fut totalement reconstruite en 1877-1878 sur les plans de Monsieur Léon Dubois. Elle conserva sa forme en croi latine et son clocher qui renferme toujours deux cloches fondues en 1821 : Caroline et … Théodore !
Caroline, la grosse cloche a pour parrain le comte de Liedekerke Beaufort, maréchal de la cour du roi des Pays-Bas, et pour marraine la vicomtesse Désandrouins, son épouse.
Théodore doit son nom, plutôt curieux pour une cloche, à sa marraine Augustine-Théodore Cazin. Son parrain est Auguste Cazin, son époux.
Même s’il n’a pas changé de place, le cimetière qui entoure l’église n’a plus rien à voir avec ce qu’il était autrefois. Plus aucun arbre ne se dresse entre les tombes, tous ayant été abattus et vendus pour subvenir aux frais de réparation de l’ancienne église.
Seul un monument a et l’on ignore pourquoi, résisté aux assauts de la nature et des hommes. Vous n’aurez aucun mal à le découvrir à droite de l’église.
Il s’agit d’une croix, composée d’une colonne très haute à deux tambours montée sur un socle carré en haut de trois grandes marches. Le chapiteau est à crochets et à corbeilles avec une base « en forme de feuilles ». Sa forme un peu penchée aujourd’hui est due à son grand âge.
En effet, cette grande et belle croix de cimetière date du XIIème siècle !
En 1793, quand les Républicains brûlèrent « les saints », elle faillit être déplacée pour être réinstallée sur le lieu du bûcher révolutionnaire.
Heureusement, cette idée saugrenue n’est restée qu’à l’état de projet. En 1818, un christ en croix provenant de l’ancien calvaire de la famille Deldrève, abandonné sous le Révolution, fut installé sur l’obélisque. Un autre dessin de Vaillant nous montre l’ensemble à l’époque où il était utilisé comme calvaire. Le christ tomba de vétusté quelques années plus tard mais la colonne est toujours debout. Elle est désormais classée Monument Historique.
A gauche de l’église, un monument funéraire de 1832 dont la croix est aujourd’hui tombée rappelle la sépulture d’anciens notaires d’Hardinghen.
A l’intérieur, l’église possède un très bel ensemble de vitraux figurés, réalisé à la fin du XIXème siècle par les maîtres-verriers de l’atelier Bazin-Latteux de Mesnil-Saint-Firmin.
La commune procéda à leur restauration en 1998.
Dans le bras droit du transept autrement appelé la chapelle de Saint-Joseph, on découvre les fonts baptismaux posés sur un pied en marbre rouge foncé. Les experts en feraient remonter la création à la fin du XVIIème siècle.
O y découvre également la statue de saint-Roch et son chien. La valeur de cette statue réside dans sa signification.
En effet, un pèlerinage a été institué vers 1850 pour remercier ce saint « anti pesteux » de sa protection spéciale lors d’une épidémie de choléra qui frappa le village.
Depuis, chaque année, le dimanche qui suit le 15 août, les familles font bénir lors d’une messe des pains destinés aux personnes et aux animaux malades. Ce sont les « pains de saint-Roch » qui; paraît-il peuvent se conserver très longtemps.
Dans le bras gauche du transpet, ou chapelle de la Sainte-Vierge, une statue en bois sculpté et polychromé du XIXème siècle représente sainte Marguerite, patronne de la paroisse.
D’après : « Trois-Pays, 17 clochers » édité par la Communauté de Communes Pays d’Opale.