Église Saint-Martin
Rue anglaise et rue française, deux rues que vous verrez sûrement étonné de trouver en arrivant à Campagne-les-Guînes. Leur origine est pourtant simple. Lors de la signature en 1360 du traité de Brétigny qui délimitait les territoires français et anglais, le village de Campagne fut coupé en deux.
L’église paroissiale (elle aussi un ouvrage de défense) se retrouva dans la portion de territoire qui était sous le joug anglais.
Détruite en 1544 par les troupes du futur roi de France, Henri II, l’église de Campagne fut rebâtie après la Guerre de Cent Ans au centre du cimetière actuel.
Mais, après plus de deux siècles et de nolbreuses restaurations, elle était dans un état de délabrement extrême. Selon le curé de l’époque, l’abbé Dutoit, « le toit faisait eau de toutes parts à tel point que, le cas échéant, les fidèles devaient faire usage de parapluies pendant la célébration des offices ».
Le conseil municipal décidé alors, à la fin du XIXème siècle, la construction d’une nouvelle église. Sous le vocable de saint-Martin, cette succursale de l’église de Bouquehault été ouverte au culte le 28 juillet 1873.
A la différence de l’ancien édifice dans lequel il fallait descendre quelques marches, on choisit un terrain ferme et élevé pour l’emplacement de la nouvelle église. Il faut désormais monter quelques marches.
L’édifice, en forme de croix latine, a été conçu, suivant les plans de Monsieur Stensmaght, architecte à Saint-Pierre-les-Calais, dans un style rappelant l’Ogival du XIIIème. Les murs sont en pierres blanche de Bouquehault et de Landrethun.
Le soubassement et les marches sont en pierre en Stinkal. La tour est en pierre blanche dite « Vergelet-ferret ». Celle-ci ainsi que les extrémités du transept ont été restaurées en 1970.
La cloche actuelle date de 1873. Elle se nomme « Louise Adélaide Alix Charlotte Marie Sophie Elise ». Ella a pour parrain Charles Francoville, conseiller général du département du Pas-de-Calais, procureur de la République à Valenciennes et sa marraine est Madame veuve Alexis Cazin de Caumartin.
Le coq au sommet du clocher a été remplacé en 1970 après avoir servi de cible aux soldats allemands qui s’exerçaient au tir pendant la Seconde Guerre Mondiale.
À gauche du portail, nous découvrons deux vestiges de l’ancienne église qui ont été scellés dans le mur en 1910 à la demande de l’abbé Heudé alors curé Bouquehault et de Campagne. Il s’agit tout d’abord de la dalle funéraire de l’Abbé Vignaux, décédé en 1721. Cette pierre tombale retrouvée sous une gouttière est du XVIIIème.
Enfin, la croix qui la surmonte semble plus ancienne. Il s’agit d’un christ sculpté dans une pierre grise très érodée.
À l’intérieur, le visiteur découvrira un mobilier néogothique en bois et en plâtre. Un détail retient l’attention dans cet ensemble : dans le chemin de croix en plâtre, les personnages groupés autour du Christ sont habillés » à la flamande » !
Dans la nef, les vitraux sont des grisailles aux bordures multicolores. Sur le mur nord, nous pouvons admirer, posé sur une console, autre vestige de l’ancienne église : le groupe de saint-Martin.
Cette petite statue originale du XVIIème siècle représente le patron de la paroisse partageant son manteau avec un pauvre. Dans les bras du transept, deux lancettes historiées représentent, à gauche, la Nativité, et à droite la résurrection de Lazare et la Sainte Famille à Nazareth.
Dans le chœur, le sol est recouvert de marbre blanc d’Italie allié au marbre noir de Belgique. Les vitraux sont à l’effigie de saints personnages : de gauche à droite sainte-Anne, saint-Augustin, saint-Martin, le Sacré-cœur, saint-Eloi, saint-Michel et sainte-Catherine.
À noter que ces vitraux, qui devaient à l’origine être très simples, ont été réalisés grâce à la générosité des habitants qui les voulaient colorés. Ils sont signés Bazin et Cie, grands maîtres-verriers de la région.
D’après : « Trois-Pays, 17 clochers » édité par la Communauté de Communes Pays d’Opale.