Église d’Andres

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Église Saint-Jean-Baptiste

En 1899, Louis Parissaux, propriétaire d’un terrain où s’élevait jadis l’antique abbaye d’Andres, avait oublié une poésie consacrée à cet édifice religieux, dans l’annuaire de Guînes.
Appelée « Rêverie », cette composition célébrait, par quelques vers bien sentis, la mélancolie des lieux autrefois si vivants.

Dans ce texte, l’auteur imaginait les vastes bâtiments de l’abbaye, croyait entendre la cloche du monastère, mais de conclure :
« Et quand j’ouvre les yeux, j’ai la mine ébahie
De trouver un verger au lieu d’une abbaye… »

Eh oui, de l’abbaye ne subsiste aucune trace visible, hormis lorsque la charrue remonte quelques vestiges ou lors d’un chantier de fouilles.

Dans tous les cas, l’abbaye d’Andres est un site historique et archéologique de première importance, qu’il convient de protéger.

De retour d’un pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle, Bauduin 1er, compte de Guînes, s’arrêta à l’abbaye de Charroux dans le département de la Vienne.
De là lui vint la volonté de fonder une abbaye en son comté avec la présence des moines bénédictins poitevins. Bauduin établit d’abord les moines en la petite chapelle Saint-Médard et leur confia les reliques de Sainte-Rotrude.

Dans sa charte de fondation de 1084, l’abbaye était déjà richement dorée ; elle prit le nom de Saint-Sauveur ( patron de Charroux ) et Sainte-Rotrude.
Les dons affluèrent d’un peu partout, chaque familier du compte de Guînes tenant à offrir une parcelle de terre, un bois …

Adèle, épouse du compte de Guînes, fut enterrée dans l’abbaye avant que son époux ne la rejoigne : Bauduin 1er avait alors décidé que les comtes de Guînes auraient leur sépulture à l’abbaye.
Ses descendants furent effectivement nombreux à y être enterrés ainsi que des nobles et seigneurs des environs.
Du côté des moines de l’abbaye, les dissensions entre moines flamands et poitevins étaient grandes pour savoir qui aurait la charge de diriger l’établissement.
Des querelles étaient liées au pouvoir financier mais aussi aux problèmes de langage puisqu’à Charroux on parlait romain et qu’à Andres on s’exprimait en flamand.

Vers 1130, la foudre incendia totalement le monastère alors que l’ensemble occupé par 24 religieux était construit en bois. Tous ces renseignements nous sont parvenus grâce à la chronique de Guillaume, abbé d’Andres, écrite à la fin du XIIème siècle.
Y sont repris des événements antérieurs à son arrivée à Andres.
Malgré la présence des descendants des comptes de Guînes, l’élection du Père abbé reste toujours un dilemme entre « locaux » et moines de Charroux.
Il est vrai qu’en désignant Grégoire, petit-fils du compte Manassès (1143), l’abbaye devint un charmant lieu de villégiature ou l’abbé ne se refusait aucun plaisir ! Son successeur, Pierre Minuet, de Charroux, fut un grand bâtisseur.
Il fit ouvrir une carrière à Campagne-les-Guines pour la construction de l’église (où il fut enterré devant l’autel en 1194).

La forêt de Guînes fournit le bois des charpentes. La construction dura sept ans.
Cette église avait la forme d’une croix latine et se situait sur les terres de la famille Parissaux, non loin des « Sources bleues ».

La chronique de Guillaume s’arrête à la mort de l’auteur en 1234, un abbé Guillaume usé après quatre années de lutte et de procès avec Charroux pour savoir qui aurait pouvoir de désigner l’Abbé d’Andres. Après le décès de Guillaume, l’histoire de l’abbaye fut courte. Elle fut ravagée en 1351 par les anglais. Les lieux furent abandonnés mais l’abbaye continua à exister légalement jusqu’à la fin du XVIIIème siècle, grâce à ses revenus.

Quelques vestiges archéologiques de l’abbaye sont conservés au Château-musée de Boulogne-sur-Mer.

L’église paroissiale actuelle, éloignée su site de l’abbaye, a été rebâtie en 1754 par le vicomte Des Androuins, seigneur du lieu, et placée sous le vocable de Saint-Jean-Baptiste.

Plusieurs curés de la paroisse ont été enterrés dans le cimetière. Sur le mur sud du chevet, une dalle funéraire rappelle la mémoire de l’abbé Coeugnet, décédé en 1865. Face au portail, une tombe indique la sépulture de deux autres prêtres d’Andres : l’abbé Rivière et l’abbé Fourcroy.

L’aspect extérieur de l’église est intéressant de par la variété des matériaux utilisés : brique rouge et pierre blanche se superposent en plusieurs couches égales.

L’église renferme, peut-être, des fonts baptismaux provenant de l’abbaye car datés du XIIXème siècle. Précisions qu’ils ont été remis en état au début de ce siècle sur l’intervention de la commission des monuments historiques. Le fût avait été laissé à l’abandon dans le cimetière et la cuve était encastrée dans la muraille. La cloche de l’église se prénomme ‘Fidéline Clémence Louise Mélanie ». Elle est d’origine lointaine (1637) et provient d’une fonderie de Mézières, mais après avoir été fêlée en avril 1865, elle a immédiatement été refondue à Douai.

D’après : « Trois-Pays, 17 clochers » édité par la Communauté de Communes Pays d’Opale.

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